La theorie des Schemas de Jeffrey Young

Développée par Jeffrey Young, cette thérapie permet de traiter les problèmes enracinés dans les comportements et dans la personnalité. Cette méthode thérapeutique est surtout adaptée aux personnes qui sont récalcitrantes aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC) classiques pour différentes raisons. Ainsi, la thérapie des schémas vous sera tout a fait adaptée si :

  • vous n’êtes pas motivé(e) à suivre des consultations régulièrement
  • n’accomplissez pas les tâches proposées dans les exercices proposés par votre thérapeute
  • vous avez des difficultés à apprendre des stratégies d’auto-contrôle
  • vous n’aimez pas parler de vos émotions, et préférez avoir un certain détachement avec vos ressentis
  • vous êtes plutôt auto-défaitistes, et vous préférez rester sur vos positions plutôt que d’essayer de comprendre un autre point de vue

 

La thérapie des schémas a pour but de traiter les aspects caractériels chroniques que l’on retrouve dans la dépression, l’anxiété, les troubles du comportement alimentaire, les problèmes de couple, la prévention des rechutes des personnes dépendantes…
La théorie de Young se base sur les schémas précoces d’inadaptation et leur perpétuation.
Qu’est-ce qu’un schéma précoce d’inadaptation (SPI) ?

Un schéma est composé d’un ensemble de croyances. Il s’agit des connaissances de base qui constituent notre compréhension de nous-mêmes, des autres et du monde. Ces connaissances s’élaborent au cours de nos expériences de vie. Il arrive que nous ayons une croyance fausse, pouvant être induite par nous même, une autre personne, un événement mal interprété… Par exemple, nous pouvons croire que nous sommes incapable de nous débrouiller seul. Cette croyance peut être induite par le fait que notre mère nous a surprotégée.. Nous avons tous entendu lors de notre enfance des phrases auxquelles nous avons cru. Il peut s’agir de moqueries «  tu es trop nul ! », ou des phrases comme « tu es méchant » que l’on peut entendre dans la bouche d’un mère lorsque son enfant fait un caprice…

En règle générale, nous avons appris avec le temps que nous ne sommes pas réduit à cela, et que les autres ont tort. Mais il peut arriver cette pensée se soit ancrée inconsciemment en nous, et nous bloque dans notre développement personnel et dans l’élaboration de notre confiance en soi.
Nous allons alors perpétuer ce schéma, soit en le maintenant toujours pour vrai, soit en l’évitant et en adoptant toujours un comportement inverse comme pour nous justifier que « nous ne sommes pas cela », soit en essayant de compenser cette croyance avec d’autres attributs pour tenter de l’intégrer à notre personnalité.

Un schéma précoce d’inadaptation est un modèle ou un thème important et envahissant concernant soi-même et nos relations avec les autres. Il est constitué pendant l’enfance ou l’adolescence, et s’est enrichi tout au long de la vie. Ce schéma est dysfonctionnel, c’est-à-dire qu’il nous amène a a mettre en place dans notre vie des situations qui ne nous correspondent pas, et ainsi nous pousse à vivre des relations difficiles avec d’autres personnes. Ceci nous amène toujours sa revivre des souvenirs, des émotions, des pensées et des sensations corporelles désagréables.
Par exemple, une personne présentant un schéma du sentiment d’abandon éprouvera une détresse importante quand son conjoint ou ses enfants prennent de la distance, car elle vivra un sentiment d’abandon dévastateur même si il n’y a pas d’abandon réellement objectif.
Le risque est que ce sentiment est culpabilisant pour l’autre qui se sent souvent démuni face à la détresse qu’il provoque involontairement, ce qui risque de lui faire prendre encore plus de distance et finalement choisir de quitter effectivement la personne.
Cette exemple montre un fonctionnement d’amplification du schéma, où la personne entre dans un mécanisme de répétition involontaire et inconscient, mais finalement qui lui fera dire que ses craintes étaient réelles, puisqu’elle a effectivement été abandonnée !

Young identifie 18 schémas inadaptés, qui sont sous-jacents à un ou plusieurs troubles de la personnalité.
Plus loin (voir Rigidité des schémas) vous trouverez une description des mécanismes qui contribuent au maintien des schémas de telle sorte que certaines problématiques qui ont leur origine dans l’enfance peuvent se maintenir longtemps dans la vie adulte.

Les 18 schémas de Young tels que présentés par Cottraux et Blackburn, répartis en 5 grandes catégories : 

A/ Schémas précoces de séparation et de rejet

Ils apparaissent lorsque la certitude que nos besoins de sécurité, de stabilité, d’affection, d’empathie, de compréhension, d’approbation et de respect ne seront pas satisfaits. Cette certitude a une origine familiale typique : il s’agit de familles où règnent un climat de séparation, avec explosion, changement, rejet, punitions. Les parents sont stricts, froids voire maltraitent l’enfant.

1) Abandon/instabilité
Ce shéma concerne le manque de stabilité ou de fiabilité perçu, de ceux qui offrent soutien et sens de l’appartenance à un groupe. Il s’accompagne du sentiment que les personnes « importantes » ne continueront pas à nous donner leur appui, force ou protection parce qu’elles sont émotionnellement instables et changeantes (explosions de colère), peu fiables, ou ne sont pas toujours présentes (parce qu’elles mourront bientôt ou parce qu’elles nous abandonneront pour quelqu’un de « mieux »).

2) Méfiance/abus
On s’attend à ce que les autres nous fassent souffrir, nous maltraitent, nous humilient, nous mentent, trichent et profitent de nous. En général, la souffrance infligée est perçue comme intentionnelle ou résultant de négligence, est extrême et injustifiable. Ceci peut aussi inclure le sentiment d’être constamment défavorisé par rapport aux autres ou de toujours « tirer la courte paille « .

3) Manque affectif
Lorsque nous avons la certitude que les autres ne donneront pas le soutien affectif dont nous avons besoin. On peut distinguer trois catégories principales :

  • Manque d’apports affectifs : absence d’attention, d’affection, de chaleur, ou d’une présence amicale.
  • Manque d’empathie : absence de quelqu’un de compréhensif qui nous écoute et de quelqu’un à qui parler de soi-même.
  • Manque de protection : absence de quelqu’un de fort qui guide et conseille.

4) Imperfection/honte
On se juge imparfait, « mauvais « , inférieur ou incapable. Le révéler entraînerait la perte de l’affection des autres. Ceci peut inclure l’hypersensibilité aux critiques, à l’abandon et au blâme. Il peut exister une gêne, avec des comparaisons avec les autres et un manque de confiance en soi. On peut ressentir la honte des imperfections perçues, celles-ci peuvent être internes (par exemple : égoïsme, colère, désirs sexuels inacceptables) ou externes (par exemple : défaut physique, gêne sociale).

5) Isolement/aliénation
Le sentiment d’être isolé, coupé du reste du monde, différent des autres et/ou de ne faire partie d’aucun groupe ou communauté.

B/ Schémas précoces de manque d’autonomie et performance

Les exigences vis-à-vis de soi-même et du monde externe ne correspondent pas à la capacité (perçue) de survivre, d’agir indépendamment et d’arriver à une réussite suffisante. Ceci peut être lié à une origine familiale typique : famille « étouffante  » où l’enfant est surprotégé, la confiance en soi est sapée et les relations en dehors de la famille ne sont pas encouragées : il en résulte un déficit d’apprentissage des compétences sociales.

6) Dépendance/incompétence
Croire à sa propre incapacité de faire face seul aux responsabilités journalières (ce qui résulte par exemple, à l’incapacité à prendre soin de soi-même, résoudre les problèmes de tous les jours, faire preuve de bon sens, aborder de nouvelles tâches, prendre des décisions). Alors, on dit souvent,  » je suis incapable de…  »

7) Peur des événements inévitables/incontrôlables
Peur exagérée d’une catastrophe que l’on ne pourra pas éviter. Ces craintes se portent sur une ou plusieurs possibilités:

  • Santé : crise cardiaque, sida
  • Émotions : perte de raison
  • Catastrophe naturelle ou phobie : ascenseurs, crime, avions, tremblement de terre.
  • etc.

8) Surprotection/personnalité atrophiée
Attachement émotionnel excessif à une ou plusieurs personnes, souvent les parents, au détriment d’une adaptation sociale normale. Très souvent, il y a la croyance qu’au moins un des individus ne peut pas survivre à l’autre, ou être heureux sans lui. Nous pouvons avoir le sentiment d’être étouffé(e) par les autres, ou douter de nous-mêmes, de notre propre identité. Sentiment d’être vide, sans but… ou, dans des cas extrêmes, nous questionnons notre propre existence.

9) Échec
Croyance que l’on a échoué, que l’on échouera, que l’on est incapable de réussir aussi bien que les autres (études, carrière, sports, etc.). Souvent, on se juge stupide, inapte, sans talent, ignorant, inférieur(e) aux autres, etc.

C/ Schémas précoces de manque de limites 

Il peut s’agir de manque de limites internes, de manque de responsabilité envers les autres, ou de l’incapacité à soutenir des buts à long terme. Ceci peut mener à des problèmes concernant les droits des autres, ou concernant ses propres objectifs. L’origine familiale typique est à rechercher du côté de parents faibles, trop indulgents, qui ne peuvent faire appliquer la discipline. L’enfant n’est pas encouragé à prendre des responsabilités, à tolérer un certain manque de confort, ou n’est pas suffisamment surveillé et guidé.

10) Droits personnels/dominance
Ceci correspond au besoin de faire, ou d’obtenir, exactement ce que l’on veut sans considérer ce qu’il en coûte aux autres ; ou à une tendance excessive à affirmer sa force, son point de vue et à contrôler les autres à son propre avantage sans considérer leur désir d’autonomie. La personnalité est alors caractérisé par des exigences excessives et un manque général d’empathie.

11) Manque de contrôle de soi/discipline personnelle
Le problème central est l’incapacité ou le refus de contrôle de soi. On ne supporte pas d’être frustré dans nos désirs et on est incapable de modérer l’expression de nos émotions et impulsions. Sous une forme atténuée: on essaie à tout prix d’éviter ce qui est pénible tels que les conflits, les confrontations, les responsabilités et l’effort, au détriment d’un sens de la satisfaction personnelle ou de notre intégrité.

D/ Schémas précoces de dépendance aux autres

Ils correspondent globalement à une importance excessive attachée aux besoins, désirs, réactions des autres, aux dépens de nos propres besoins afin d’obtenir leur affection ou leur approbation, par peur d’être abandonné(e) ou pour éviter les représailles. Fréquemment, il existe une colère refoulée dont on n’est pas conscient. Nous n’avons pas un accès conscient du manque à nos propres sentiments et tendances. L’origine familiale de ce schéma doit être recherchée du côté d’une affection qui relève du conditionnel : pour se sentir aimé de ses parents, pour obtenir leur approbation, l’enfant réprime ses tendances naturelles. Les besoins des parents (affectifs, sociaux, leur style de vie) passent avant les besoins et réactions de l’enfant.

12) Assujettissement
Le comportement, l’expression des émotions, les décisions, sont totalement soumis aux autres parce ce qu’on se sent forcé d’agir ainsi, en général pour éviter colère, représailles ou abandon. Selon nous, nos propres désirs, opinions et sentiments ne comptent pas pour les autres. En général, on montre une docilité excessive mais nous réagissont vivement si on se sent pris au piège. Il existe presque toujours, une colère refoulée contre ceux à qui on se soumet, provoquant des troubles de personnalité (comportement passif/agressif, explosion de colère, symptômes psychosomatiques, troubles affectifs, drogues).

13) Abnégation
Nous avons un souci exagéré de toujours considérer les autres avant nous-mêmes ; cette considération est volontaire. Les raisons sont en général :

  • peur de faire de la peine aux autres
  • pour éviter de se sentir coupable d’égoïsme
  • pour maintenir un contact perçu comme nécessaire aux autres

Ce schéma mène souvent à une hypersensibilité aux souffrances des autres. Nous pouvons éprouver le sentiment que nos propres besoins ne sont jamais satisfaits, d’où un ressentiment envers les autres.

14) Besoin d’approbation
Le problème central est un besoin excessif de l’attention, de l’estime et de l’approbation des autres ; ou faire ce que les autres demandent, que cela corresponde ou non à ce que l’on veut de soi-même. L’estime de soi est formée à partir des réactions des autres et non à partir d’opinions et de valeurs personnelles. Parfois, une importance exagérée est accordée au style de vie, aux apparences, à l’argent, à la concurrence ou à la réussite – être le meilleur, le plus populaire – afin d’obtenir estime ou approbation. Fréquemment, les choix importants de la vie sont faits sans rapport avec nous, ou sont des choix qui n’apporteront pas de satisfaction. Hypersensible au rejet, on envie ceux qui ont mieux réussi.

E/ Schémas précoces de survigilance et inhibition 

Le problème principal est le contrôle exagéré des réactions, des sentiments et des choix pour éviter les erreurs ou pour maintenir des règles personnelles rigides dans notre conduite et dans notre performance, souvent aux dépens d’autres aspects de la vie: plaisirs, loisirs, amis… ou au détriment de notre santé.
Origine familiale typique sans joie : travail, devoir, perfectionnisme, obéissance, éviter les erreurs, sont des considérations beaucoup plus importantes que bonheur, joie, détente. Souvent, pessimisme et anxiété sont apparents : tout pourrait se désagréger si l’on ne se montre pas toujours vigilant.

15) Peur d’événements évitables/négativité
Est au premier plan la crainte exagérée que, dans des contextes divers (travail, situation pécuniaire, relations interpersonnelles), tout va tourner au pire ; ou bien on retrouve une prise en considération fréquente et persistante de tous les aspects négatifs de la vie : souffrance, mort, conflit, culpabilité, ressentiment, problèmes non-résolus, erreurs possibles, etc., qui s’accompagne d’une minimisation ou d’un déni des aspects positifs et optimistes. Souvent, il existe une peur exagérée de commettre des erreurs et la crainte de leurs conséquences : ruine, humiliation, situation intolérable. Nous sommes fréquemment anxieux, pessimistes, mécontents, et souvent indécis.

16) Surcontrôle
Le contrôle excessif des réactions spontanées (actions, sentiments, paroles) est là généralement pour éviter les erreurs, la désapprobation d’autrui, les catastrophes, le chaos ou par peur de ne pouvoir maîtriser nos impulsions. On peut distinguer :

  • La répression de la colère et de l’agressivité
  • Le besoin compulsif d’ordre et de précision
  • La répression d’impulsions positives (joie, affection, excitation sexuelle, jeux)
  • L’adhérence excessive à la routine et au rituel
  • La difficulté à reconnaître ses propres faiblesses, ou à exprimer facilement ses propres sentiments ou besoins.

Souvent ces attitudes sont appliquées aux proches

17) Idéaux exigeants
La conviction que l’on doit s’efforcer d’atteindre et de maintenir un niveau de perfection dans notre comportement ou notre performance représente un idéal destiné à éviter les critiques. Ces exigences amènent à une tension constante; s’arrêter dans nos efforts ou se détendre devient impossible. Une critique constante de soi-même et des autres est effectuée. Par conséquent nous souffrons des déficits de plaisirs, détente, santé, estime de soi, satisfaction personnelle et relations interpersonnelles. On peut distinguer :

  • Le perfectionnisme, importance excessive attachée aux détails et sous-estimation de sa propre performance.
  • Des règles rigides; l’importance du devoir. Ces règles s’appliquent à de nombreux aspects de la vie : morale, culture, religion.
  • Préoccupation constante de temps et d’efficacité : toujours faire plus et mieux.

18) Punition
La tendance à se montrer intolérant, très critique, impatient et à « punir » les autres, et soi-même, si nous n’atteignons pas le niveau de perfection que l’on exige. Ceci entraîne : la difficulté à pardonner les erreurs ou les imperfections – en soi ou chez les autres – ; l’incapacité de considérer les circonstances atténuantes ; et un manque d’empathie, de flexibilité, ou l’incapacité d’admettre un autre point de vue.

LA RIGIDITÉ DES SCHÉMAS 

Lorsque nous somme « en santé », nous ajustons nos schémas (nos croyances) à mesure que nous expérimentons de nouvelles situations, ce qui nous permet de développer des comportements variés, adaptés aux différentes situations.
On parle de Trouble de la Personnalité lorsque nos schémas inadaptés ont tendance à se maintenir.
Young décrit trois types de processus ou de stratégies qui contribuent à ce maintien. Selon qu’une personne met davantage en oeuvre l’un ou l’autre de ces types de processus, elle vit différemment un schéma: elle capitule, fuit ou contre-attaque. La plupart des gens ont recours à un mélange de ces 3 stratégies.

1/ Le maintien des schémas (capitulation):
La personne pense, ressent et réagit selon son schéma. Elle juge incorrectement les gens et les circonstances d’une façon qui renforce les croyances reliées à son schéma. Elle crée des situations et choisit des relations qui entretiennent son schéma. Diverses distorsions cognitives maintiennent les jugements erronés. Par exemple, l’attention sélective consiste à ne voir que les faits qui confirment le schéma.

L’interprétation de la réalité peut être biaisée de façon à se conformer aux schémas. Il est fréquent de recréer et de rechercher les contextes familiers dans lesquels nous avons grandi. Par exemple, la personne qui a le schéma d’imperfection trouve naturel de tolérer des gens qui la critiquent, ce qui maintient son schéma. Elle se comporte de telle sorte qu’on continue à la critiquer et à la déprécier. De même, l’apparente froideur de la personne qui a un schéma d’exclusion influe sur l’accueil que lui font les gens. La personne qui a un schéma d’abandon (croyance qu’elle est toujours susceptible d’être abandonnée) trouve souvent naturel d’investir dans la relation avec un partenaire qui craint de s’engager.

2/ L’évitement des schémas (fuite): 
La personne évite de penser à des questions reliées au schéma et évite les situations qui peuvent activer le schéma et faire vivre des sentiments négatifs de tristesse, de honte, d’anxiété ou de colère. Elle est souvent inconsciente de l’existence de son schéma, mais elle le nie.

La personne avec un sentiment d’imperfection peut fuir l’intimité.
La personne avec un schéma d’exclusion peut fuir les rassemblements, les réunions de travail, les congrès, les fêtes.
La personne ayant le schéma d’échec peut fuir le travail, les études et les nouveaux projets.
La personne avec un schéma de dépendance peut fuir les situations où elle doit faire preuve d’autonomie.

Ces évitements empêchent de tester ses schémas et de les modifier graduellement.

3/ La compensation (contre-attaque):
La personne pense et réagit de façon opposée à son schéma. Cependant ses comportements sont souvent trop extrêmes et contribuent à maintenir son schéma.

Par exemple, la personne avec un schéma de carence affective peut tellement réclamer d’attention qu’elle éloigne les autres et se retrouve encore plus privée d’affection. Une personne peut développer un sentiment de supériorité qui est à l’opposé du sentiment d’imperfection vécu dans l’enfance. Elle peut consacrer beaucoup d’énergie à son prestige et à sa situation sociale et choisir ses relations de façon à se sentir supérieure. Cette contre-attaque empêche toutefois, entre autres, l’intimité.

LA CONSCIENTISATION DES SCHÉMAS 

La personne pour qui un ou des schémas représentent un problème n’en a souvent pas conscience. Soit parce que les croyances associées à ces schémas lui semblent tellement naturelles et évidentes qu’elles ne sont pas remarquées, soit parce qu’elle évite ou contre-attaque (voir La rigidité des schémas).

Toutefois, ces schémas déterminent l’interprétation des situations que la personne vit, c’est-à-dire ce qu’elle se dit au sujet de ces situations. Ces interprétations sont des pensées observables donc plus facilement accessibles à la conscience. Elles sont communément appelées « pensées automatiques ».

Par exemples: « qu’est-ce que les gens vont dire? »; « il faut que tout soit fait à temps »; « comment osent-ils me traiter ainsi? »; « il se désintéresse de moi »; « je ne suis pas capable de rester seule », etc.

Les pensées automatiques manquent souvent d’objectivité. Elles sont logiques par rapport aux croyances sous-jacentes mais elles sont souvent inexactes dans la situation vécue.

Ces interprétations de la réalité déterminent les émotions et les comportements. Par exemple, la personne obsessionnelle-compulsive peut être anxieuse dans une situation où elle craint de ne pas performer assez bien. Ce qui peut l’amener à prendre trop de temps et d’énergie, à dépasser ses limites et à négliger d’autres besoins pour que tout soit parfait dans les moindres détails, etc.. La personne narcissique peut devenir agressive si elle n’obtient pas un traitement de faveur.

C’est l’observation des pensées automatiques, des réactions émotives et des comportements qui peuvent mettre la puce à l’oreille concernant les croyances qui les sous-tendent.
TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ ET SANTÉ MENTALE 

Lorsqu’ils sont activés, les schémas inadaptés provoquent des émotions intenses qui mènent fréquemment, directement ou indirectement, à divers problèmes psychologiques souvent associés aux troubles de la personnalité, tels la dépression, l’anxiété, la panique, la solitude, les relations destructrices, l’abus d’alcool, de drogues, de nourriture et des désordres psychosomatiques. Le plus souvent c’est au sujet de l’un de ces problèmes que la personne souffrant d’un trouble de la personnalité consulte un psychologue ou un médecin.

Références:
– Beck, J.S., Cognitive Therapy of personnality Disorders in P. M. Salkovskis, Frontiers of Cognitive Therapy, Guilford Press, 1996
– Cottraux, J. et Blackburn, I.M.. Thérapies cognitives des troubles de la personnalité. Masson, 1995.
– Young, J.E. et Klosko, J.S., Je réinvente ma vie, Les Éditions de l’Homme, 1995.

Arts-therapies : les formes artistiques utilisees et leurs pratiques

L’art-thérapie est une approche qui utilise diverses expressions (dessin, collage, argile, peinture, écriture, danse, théâtre, musique, chant…) pour donner une forme extérieure à ce qui se joue à l’intérieur de nous. Créant ainsi un dialogue avec l’inconscient, l’art-thérapie nous permet de le rendre plus visible, plus manifeste, et de mieux l’intégrer. C’est aussi l’occasion de rencontrer le créateur qui est en nous, et de le développer dans nos actes quotidiens.

Voici un petit descriptif de ce que propose l’art-thérapie en s’appuyant sur les différentes formes de pratiques artistiques.

L’art du chant

La voix est le reflet de notre être, une « empreinte unique », celle de notre corps et de notre psychisme. C’est le premier moment de notre naissance et qui nous accompagne jusqu’à notre dernier souffle… Il s’agit ici de retrouver le plaisir simple du chant à travers des exercices sonores et respiratoires, et de rencontrer notre voix, notre timbre, « notre identité ». Placer la voix, l’affirmer, permet d’améliorer sa qualité d’écoute et d’apprivoiser ses émotions, de s’affirmer en public.

Il existe des correspondances sonores selon les différents chakras, et le chant peut venir se poser sur une partie du corps correspondante, de la tête aux pieds. L’exercice sur la respiration apprend l’ancrage corporel, le contrôle du souffle, stimule le diaphragme et l’abdomen, travaille l’ancrage dans le bassin et les pieds. Le chant avec les enfants va les stimuler dans l’écoute et la pronociation ; avec les personne âgées c’est un travail sur la mémoire qui s’opère… Alors chantez maintenant !

L’art de la danse

L’accompagnement thérapeutique dans la pratique de la danse inclut ici une approche de conscience corporelle par le mouvement. Il s’agit d’amener la personne vers le lâcher-prise pour plus de fluidité et de créativité. Prendre le temps de sentir et ressentir, d’habiter son propre corps, d’en écouter les rythmes et trouver son équilibre pour se porter dans un mouvement dansé.

La Biodanza est une rencontre avec soi, avec l’autre, avec les autres, dans une dynamique qui s’expérimente en groupe. Les exercices de danse sur des enchainements musicaux stimulent la vitalité et l’energie de vie qui sommeille en nous.

La Danse Orientale va mettre à l’honneur la féminité, en disant OUI au corps, aux sens, aux émotions, aux sentiments et aux partages. Elle permet d’habiter notre espace intérieur, où l’on prend le temps de respirer, de vibrer et d’onduler chaque partie du corps. La morphologie, l’âge, la souplesse importent peu. L’important c’est l’envie de se sentir femme et d’être en contact avec son plaisir.

L’art de la musique

L’écoute passive de la musique est bénéfique pour le développement de la concentration, de la reflexion ou de la méditation. L’écoute de mandalas sonores, qui sont composés de 5 morceaux successifs et différents, est un exercice particulièrement efficace pour les personnes anxieuses, ou lorsque l’on traverse un moment de vie difficile. Les 5 moreceaux de musiques ou de sons différents sont étudiés pour amener le cerveau à produire des ondes cérébrales différentes. Ainsi, en 20 minutes, la personne traverse les ondes produites pas notre cerveau pendant notre sommeil. Il s’agit ensuite de restituer les images, visualisations, sentiments et sensations ressenties pendant l’écoute. Cette restitution pourra faire l’objet d’une analyse ultérieure selon les procédés analytiques classiques d’un rêve.

L’utilisation de la musique est très fréquente en art-thérapie, souvent proposée comme un support sonore pendant une pratique physique : dessin, chant, danse… Il ne s’agit pas pour autant de musico-thérapie à proprement parler.

La musico-thérapie active consiste à jouer concrêtement d’un instrument (tambour, piano, flute, xylophone, etc…) voire d’utiliser son propre corps comme instrument de percussion, ou de sa voix comme mélodie de base, en s’ajustant à son propre rythme, à sa propre vibration. Des exercices en groupe sont très intéressants pour développer l’écoute de soi et des autres. Il s’agit là de « se faire entendre », autant que « d’être entendu ».

L’art du théâtre

Les exercices liés au théâtre vont principalement se pratiquer en groupe. Prendre la parole devant le public, « se mettre sur le devant de la scène », prendre sa place, se positionner et jouer « son propre rôle »… Mais l’objectif est bien de se découvrir à soi-même et non de faire un spectacle de fin d’année.

Les exercices sont principalement liés à de l’improvisation. Très utile pour les constellations familiales, les thérapies de couple, les phobies sociales.

Le travail de la mise en scène est très intéressant, avec la réalisation de son masque et de son costume, dans un travail analytique plus approfondi.

J’inclus ici les ateliers de « clown » qui vont en plus développer l’auto-dérision et l’humour tout en restant attaché à la « vérité de Soi ».

Les Arts plastiques

L’utilisation des arts plastiques sont très présents en art-thérapie. Ils sont principalement utilisés comme matériaux de base sur lesquels seront exprimés les émotions et les sentiments. Dans une approche plus poussée, il est possible de développer le sens esthétique dans un respect de soi et de sa créativité, plutôt que de pousser l’expression négative a tout prix dans le but de détruire ensuite la réalisation obtenue. Là-dessus, beaucoup d’écoles ont des approches différentes.

Le dessin, le collage, la peinture, la craie grasse, sont des supports visuels très bénéfiques pour les personnes qui souffrent de dépression, car elles ont souvent des difficultés à « imaginer » leur avenir. Des exercices doux et médidatifs (mandalas picturaux, observations d’oeuvres d’art, etc.) pourront les amener à développer leur sens de l’observation et ensuite leurs propres images et imagination.

La créativité avec des matériaux de récupération permet d’aboutir à cette constatation : « tout se transforme, même ce qui semble ne plus pouvoir servir à rien. Alors pourquoi pas moi ?  »

L’art de l’écriture

La thérapie par l’écriture est un bon accompagnement des personnes intellectuellement précoces. Faire vivre « en corps » les mots qui définissent les maux, se retrouver en groupe avec d’autres et travailler ensemble sur un projet commun, accorder la précocité avec l’affectivité et l’émotionnel dans des interractions sociales sont toujours bénéfiques.

L’écriture peut également être proposée aux personnes en échec scolaire, comme par exemple des ateliers de Slam. Là aussi, on aborde l’interaction sociale dans un but commun avec un objectif à atteindre, le dépassement de soi et la reconnaissance qui en découle.

L’art culinaire

Une alimentation saine, adaptée à nos besoins et à notre biologie, contribue à maintenir notre capital santé et notre joie de vivre. Garantir notre équilibre et celui de la planète grâce à la production saine et changer nos habitudes de consommation, même avec un petit budget, c’est possible.

Comment réussir un tel challenge ? Des ateliers de groupe où tout le monde apporte ses solutions, ses questions, ses idées, ses bons plans, les mettre en pratique, c’est en créant nos recettes ensemble que peut se produire le changement.

Les autres formes d’Art

La visualisation d’un film, la lecture d’un conte ou d’un récit mythologique, la photographie… sont des supports de base sur lesquels pourront venir s’appuyer des productions plastiques, picturales, la réalisation de marionnettes et de mise en scènes… Ainsi, chaque trait apporté et mis en avant pourra faire l’objet d’un début d’analyse, selon la motivation et le souhait de la personne. En groupe, c’est la dynamique du groupe qui est analysée. Chacun peut ensuite approfondir son analyse personnelle en consultation individuelle.

Un artiste qui pratique une activité créative pourra trouver la possibilité de partager sa pratique et de découvrir celle d’autres artistes, découvrir les motivations différentes de chacun, et apporter leur contribution à l’analyse de la pratique artistique.

 

Psycho-somatothérapeute Arts-thérapeute et Analyste, ma pratique inclut toutes ces formes d’Art selon les descriptions ci-dessus.

Certaines font l’objet de collaboration avec d’autres intervenants artistes ou thérapeutes : danse orientale, art culinaire…

Art-Therapie de couple

Art-Therapie de couple

« Si je me sens constamment concerné(e) par ce que vit mon (ma) partenaire, je ne peux jamais lâcher prise ».

La sexualité et l’affect ont une place prépondérante dans le « suicide ». Le mot « suicide » vient du latin sui « soi » et cidium « acte de tuer ». Il s’agit de l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. Hors, l’extase sexuelle n’est-elle pas considérée comme une « petite mort » ?

Winnicott relève le fait qu’il arrive que des enfants, ou des adolescents, utilisent une autre personne (ou un animal) transitionnelle pour le « détruire » en espérant qu’il survive. La question qu’ils se posent est : « jusqu’où puis-je aller sans le détruire ? »
La sexualité peut être le lieu où cela se passe.
Et la vraie question est « jusqu’où puis-je m’abandonner à l’autre sans me perdre moi-même ? »

« Si je me sens tout le temps concerné par ce que vit mon partenaire, je ne peux pas le lâcher, je ne peux pas me lâcher et vivre mon propre cycle sexuel. L’acte sexuel est de loin celui qui demande le plus absolu abandon de soi ».

Il est important de pouvoir être seul en présence de l’autre. Parfois, le patient part tout seul dans son analyse, mais il a besoin que le thérapeute soit là, comme témoin.  Pouvoir « lâcher prise », et « partir seul » pendant une interaction avec quelqu’un d’autre, relève de l’autonomie de la personne.
Cela implique la confiance en soi, la confiance en l’autre, et c’est tout cela qui structure la personnalité de chacun de nous.

Cette structure se construit au fil des expériences de la vie, à travers les expériences avec les autres, sur les plans affectifs, émotionnels, sociaux et sexuels.

Qui peut consulter ?

Lorsque deux personnes choisissent de faire une thérapie de couple, il est important de consulter à deux, en couple, dans la mesure du possible avec un couple de thérapeutes.

Il est préférable de faire cela lorsque vous n’êtes pas en situation de conflit, car dans ce cas, votre démarche pourrait être inconsciemment une manière de demander au thérapeute de « jouer les arbitres », d’être un témoin, ou encore de vous « donner son autorisation » pour vous séparer.

Une thérapie de couple est vraiment efficace lorsque les personnes sont en questionnement sur des choix importants, des difficultés de projets d’avenir, des aspirations différentes, des difficultés pour l’un de s’accorder avec l’autre.. L’idée est de faire le point sur le mode de fonctionnement du couple, pour comprendre ses mécanismes et éviter de répéter toujours les mêmes schémas.

Si vous n’êtes pas en couple, mais que vous sortez d’une rupture, vous pouvez intégrer un groupe de travail comportant des personnes célibataires ou en couple mais qui font ce travail seul. Un tel travail en séances individuelles peut se faire, mais cela demandera beaucoup plus de temps et l’utilisation d’outils différents par le praticien thérapeute.

Le travail thérapeutique peut se faire en 6 séances d’une heure et demie chacune. Lorsqu’il est question de séparation décidée par l’un du couple, l’issue de la consultation n’aboutit pas forcément à la réconciliation, mais permet à l’autre de ne pas avoir le sentiment de « subir » la décision qui lui est imposée. Ceci est très important pour permettre à chacun de rebondir dans une nouvelle vie, sans culpabilité ni frustration, et de ne pas craindre de répéter, avec un autre partenaire, les mêmes expériences, vécues comme des échecs.

Coupure de la communication : comment décrypter les schémas sous-jacents ? 

L’art-thérapie permet d’aller à l’essentiel sans passer par le mental, le verbal ou l’intellectuel.
Les sentiments et les émotions peuvent être exprimés à travers des outils simples et des objets clairement expressifs.

Un travail sur le masque va permettre de révéler les problèmes sous-jacents à la coupure de la communication dans le couple.

Le masque correspond aux réactions visibles qui ont pour but de masquer les états protégés propres à la personne. Le masque à la fois renforce les protections et permet de les mettre à jour par le biais du travail art-thérapeutique.

Par exemple, une femme qui verbalise qu’elle est forte va, en réalité, cacher par ce biais le fait qu’elle manque d’affection. Un homme qui dit ne pas comprendre les critiques de sa partenaire peut, en arrière-fond, souffrir de ne pas être aimé pour ce qu’il est…

Chacun se construit à partir de ses propres états protégés et cela produit son propre masque. Au bout d’un moment, le masque du partenaire contribue à renforcer les propres états protégés de l’autre, ce qui peut aboutir à ce que l’on appelle « le 8 d’interaction », ce huit infini qui nous met dans la situation du serpent qui se mord la queue.

Il s’agit donc de « démasquer » cette communication qui se réalise à un niveau inférieur, beaucoup plus profond que ce que le masque peut laisser paraître. Cette protection se met en place surtout dans les couples qui ont beaucoup à perdre.

En pratique :

Le travail sur les masques va se dérouler en plusieurs séances, en groupes mixtes mais pas forcément en couple (chaque partenaire peut intégrer un groupe différent, ou seul l’un des deux peut faire le stage).
Les exercices seront basés dans un premier temps sur des approches non verbales avec l’autre, de présentations de soi et de représentations symboliques afin de mettre à jour les états protégés sous-jacents aux réactions visibles.

Une fois ces états protégés décelés par chacun des participants, lors d’un premier débriefing, nous entamons un second temps de travail thérapeutique concernant les interactions en oeuvre dans les couples de chacun des membres. Ce travail se fait par le biais de sculptures humaines, représentant les personnes une par une dans leur couple mythique et dans leur couple réel. L’écart entre les deux peut ainsi être relevé et compris par la personne. Aucune interprétation n’est faite par le groupe. Seul le ressenti de la personne qui présente « ses couples » est exprimé par elle.

Approfondissement en arts-analyse.

Lorsque les groupes sont inscrits dans un travail analytique de longue durée, je propose d’approfondir les mécanismes sous-jacents dans une mise en relief des processus conscients et inconscients en oeuvre en chacun de nous, afin de déceler comment ils interagissent entre eux dans nos relations de couple.

Il s’agit alors d’un réel travail psychanalytique, par le biais de nombreuses techniques art-thérapeutique : masques, mises en improvisation, écriture et interprétation scénique, danse, peinture…  Elles peuvent se faire lors de stages en groupe ou en consultation de couple.

Après la première séquence concernant la persona, le masque identitaire, et la présentation du « moi » à « l’autre », la seconde séquence concernant le couple va permettre d’entrer en analyse de l’anima et de l’animus consciente, et inconsciente, pour chacun des membres du couple.

Ainsi, l’analyse de l’interaction de « moi à l’autre » va se faire à travers l’expression des 4 couples suivants : le couple parental, le couple idéal, et le couple réel qui compte pour deux car il est ensuite proposé à la transformation holistique, qui consiste à intégrer dans ce dernier couple tout ce qui est bon de garder des autres couples. Le conscient et l’inconscient sont ainsi réunis dans ce couple final.

Ce travail est beaucoup plus intéressant lorsqu’il est réalisé avec deux thérapeutes de sexes opposés. Les analyses transférentielles peuvent ainsi être approfondies de façon plus pertinente. Cela permet également d’éviter au thérapeute praticien de ne pas avoir à « porter plusieurs chapeaux », ce qui peut être non seulement épuisant pour lui, mais aussi rendre les séances moins efficaces et prêter à confusion pour les participants.

Si vous souhaitez participer à un stage en groupe, ou prendre rendez-vous pour une consultation, merci de me contacter par e-mail à contact@web-therapie.fr

Possibilité de mettre en oeuvre des interventions en france,  selon le nombre d’inscriptions et l’engagement des personnes.