Le Psycho-Tarot

Le Psycho-Tarot par Hurley & Horler

Ce tarot a été publié en 1974 par Taroco a Sausalita (Californie), il s’agit d’un travail d’une équipe composée de Jack Hurley, Rae Hurley et John Horler, les illustrations étant de ce dernier.

Il se compose de 78 lames en noir et blanc au format 65 x 90 mm. Il se présente sans manuel d’instruction. Seul un livret accompagne le jeu. Les auteurs ayant voulu réduire le rôle du verbal au profit de l’image.

Les auteurs proposent un tirage de treize cartes appelé le tirage en pointe de Diamant dont vous trouverez le schéma dans la notice explicative.

Les treize facettes de la pointe de diamant:

1 Le soleil : le centre de mon monde actuellement.

2 La lune : la face inconnue de la question

3 La terre : moi entre ces deux pôles d’énergie

4 Position de Jupiter : les facteurs favorables

5 Position de Saturne : les difficultés chroniques

6 Position de Vénus : l’idéal d’amour et de beauté

7 Position de Mars : l’agressivité ; la détermination, l’agir

8 Position de mercure : la solution intuitive, le message libérateur

9 Position de Neptune : l’avenir, le futur probable

10 Position d’Uranus : les changements à faire

11 Position de Vesta : les facteurs manquants

12 Position de Pluton : le fond de la question

13 Position du nouvel ascendant : un nouveau départ

 

Ce tirage est le tour d’horizon de la vie intérieure du consultant. Il est très complet et comporte beaucoup d’éléments à analyser. Toutes les facettes doivent se voir en globalité pour commencer afin d’y déceler son énergie principale et ensuite la synthèse par plusieurs paliers. Il s’agit là de se promener de lame en lame, de relever les points similaires et les éventuels antagonismes, les paradoxes, ce qui attire et ce qui repousse.

Ce type de tirage exige que l’on prenne son temps, il se fait occasionnellement, à un anniversaire par exemple, ou bien à une période charnière de questionnement dans la vie du consultant et d’analyse en vue d’un développement personnel.

Par conséquent, il faut compter une heure, voire deux pour le pratiquer sans hâte et entièrement.

Ce jeu peut s’utiliser à plusieurs niveaux.

L’idéogramme ou graphisme d’une idée, transmet d’une façon visuelle le sens de chaque position. L’analyse permet de mieux le retenir.
La direction de l’énergie aurait pu s’appeler aussi le sens de la démarche. Ici nous indiquons au guide plusieurs bénéfices possibles à retirer d’un travail approfondi. Rappelons pour cela les trois types de tarot dont on peut faire lecture.

Le tarot projection, le consultant doit se projeter dans le jeu, dans chaque carte étalée devant lui, prendre conscience des raisonnantes que cela éveille en lui avec la définition de la lame et faire jouer un travail d’analyse intuitive.

Le tarot croissance, qui permet de prendre part au jeu en devenant tel ou tel personnage, à imaginer des dialogues entre les protagonistes des lames, même avec les objets. Mettre en scène le contenu des lames présentes et leur donner une continuation. La direction de l’énergie permet d’intensifier le rapport entre le consultant, le jeu et son subconscient.

Le tarot thérapie, ce dernier se pratique par des thérapeutes confirmés et entraînés. Leur formation leur permet d’utiliser tous les outils pour aller au-delà d’un simple tirage, mais plus à un niveau de subconscient.

Rappel : à chaque étape, répétez : tournez cette carte, décrivez là, dites tout ce qui vous vient à l’esprit, en faisant des liens avec votre vie.

Version originale de 1974 en anglais ou jeu en français disponibles en stock.

Relaxation de Schultz

Johannes Heinrich Schultz (1884-1970), d’abord médecin, s’orienta vers la psychiatrie et la psychologie. C’est entre 1905 et 1932 qu’il élabora sa technique basée sur des données physiologiques et psychologiques.

Il s’agit d’une méthode de relaxation par « auto-décontraction concentrative », qui doit être comprise comme un entrainement à l’auto-hypnose permettant une réduction des tensions et du stress.
Cette technique est bénéfique dans l’accompagnement des maladies psychosomatiques la psychothérapie, la médecine du sport et la gestion du stress en permettant la relaxation et la détente.

C’est un protocole très organisé qui se décompose en cinq phases de concentration : pesanteur, chaleur, organique, cœur, respiration. Chacune de ces phases doit être parfaitement acquise par le patient, en répétant les exercices chez lui, avant de passer à la suivante.

Pour pratiquer cette méthode, on prend la position allongée, les bras le long du corps, mains à plat, jambes rapprochées, les pieds légèrement tournées vers l’extérieur.

L’objectif n’est ni une sieste, ni une méditation, ni une recherche d’un état de conscience modifiée. Mais si celle-ci se produit, on l’accueille et on en discute.
Dans ma pratique, je propose 2 cycles de travail :

– Un cycle d’apprentissage de la méthode (environs 10 séances hebdomadaires) :

  • 1 ou 2 séances exploratoires
  • 4 séances musculaires (corps de maîtrise, muscles striés, « cuirasse musculo-caractérielle » de Reich)
    • les bras, on essaye de ressentir la lourdeur
    • Les jambes, on essaye de ressentir la lourdeur
    • Les bras, et on essaye de ressentir la chaleur
    • Les jambes, et on essaye de ressentir la chaleur
  • 4 séances où l’on contacte l’organique (corps de jouissance)
    • respiration calme et profonde
    • ventre (viscère, digestif, sexuel, génital) et sa chaleur
    • coeur, calme et fort
    • front (cerveau), frais
  • 1 séance de bilan, plus personnalisée, où l’on recherche la phrase de détente (courte, simple et toujours positive. L’état de relaxation du corps est proche de ce qui est obtenu en hypnose profonde)

– Un cycle de visualisation de formes, de couleurs…

Il s’agit d’un éveil énergétique, avec visualisation colorée, pouvant être associé à une écoute musicale réceptive (cf : mandalas sonores http://web-therapie.fr/articles?id=13). Ce cycle ne nécessite pas obligatoirement d’avoir appris la méthode de relaxation, mais ne peut pas être pratiqué en état de stress. L’écoute de mandalas sonores, avec la visualisation d’images mentales qu’ils entrainent et la méthode dont ils découlent, peut faire l’objet d’une entrée en approche analytique.
Il est possible que je prenne contact avec le médecin traitant afin de créer un réseau utile à l’accompagnement de la personne.

Une tension musculaire est là pour signaler qu’il y a un problème, une retenue, une peur, ou quelque chose comme une fuite d’énergie pouvant provoquer une plus grande fatigue. Être en bonne santé nécessite de rester à l’écoute de son corps. Les tensions musculaires provoquent une rigidité du corps qui devient de moins en moins sensible. Nous sommes de ce fait de moins en moins à son écoute, et c’est l’entrée dans une boucle. On se sent comme « déconnecté », et cela peut nous fragiliser moralement autant que physiquement.

Le training autogène est une méthode qui permet de réapprendre à écouter son corps, apprendre à lâcher prise, ce qui permet de bénéficier d’un véritable repos physique et mental. Il s’agit également de retrouver confiance dans le lâcher prise, qui peut être source d’angoisse lorsque l’on a fonctionné pendant des années « sur les nerfs ». Une détente profonde peut faire peur car elle peut donner le sentiment de perdre « toute structure »…

Les sensations qui peuvent apparaître pendant les séances sont révélatrices de ce qui se vit dans notre corps :

Exemples de symptômes :

Séance 1 :

– des picotements peuvent être ressentis dans les mains, les bras, les jambes.. Il peut s’agir d’un début d’une spasmophilie qui se produit par une tétanie (état de choc)

– des sursauts (cas de la personne en stress qui lâche trop vite, comme dans les rêves hypnagogiques)….

– ne rien ressentir, voire s’endormir : il s’agit d’un mécanisme de défense, ou d’une entrée rapide en état de conscience modifiée (voir un clivage).

Séance 2 :

La sensation de chaud n’a pas ressenti : s’assurer d’une température ambiante correcte dans la pièce. Sinon, prévoir une couverture pour les prochaines séances.

On peut noter des soucis de latéralité, les sensations ne se faisant que d’un côté (vérifier si il peut s’agir d’un vécu de gaucher contrarié, d’un accident, d’un traumatisme…)

Donc, après le temps de relaxation, le patient, accompagné par le thérapeute, va pouvoir verbaliser sur son vécu, ses ressentis, exprimer des éventuels symptômes (comme ci-dessus) et les évaluer sur une échelle de 1 à 7. Si plusieurs symptômes donnent une description d’un syndrome (post-traumatique) ayant une charge émotionnelle significative, le thérapeute travaillera dessus. Par exemple, s’il est installé avec une pensée négative (« cela n’arrive qu’à moi », « j’attire les ennuis »…) on va peu à peu diminuer cette charge négative et mettre en place une pensée positive (« je ne suis pas responsable de cet accident et je m’en suis bien tiré ») Le patient évalue également ici la position de sa pensée (sur une échelle de 0 à 10)

C’est ainsi que les séances se déroulent, avec une écoute attentive de ce qui se dit dans le corps à mesure que l’on apprend à se relaxer en confiance et en conscience.

 

Echelle d’évaluation des sensations physiques (corps) :

1 2 3 4 5 6 7
Sensation très faible (infime) Sensation légère (brise) Sensation douce (souffle) Sensation moyenne (normale) Sensation supportable (vent) Sensations douloureuse (tempête) Sensation intense (tornade)

 

Echelle d’évaluation des sensations psychiques (esprit/mental) :

0 2 3 4 5
Sommeil profond Sommeil léger Conscience avec des images mentales

(eau des cavernes)

Conscience sans images mentales, mais avec pensées (eaux profondes) Conscience sans pensées et sans sensation corporelle

(eaux d’un lac)

6 7 8 9 10
Présence dans la sensation du corps mais sans recherche de maitrise

(mer du large)

Présence dans le corps avec recherche de maitrise

(haute mer)

Le corps bouge tout seul, sans pouvoir le maitriser

(mer agitée)

Le corps bouillonne

(mer déchainée)

Hyperactivité

(raz de marée)

Méditation

« Démystifier la méditation »

Matthieu Ricard, scientifique et bouddhiste

Après avoir fait de la recherche en génie cellulaire, vous avez embrassé le bouddhisme, et vous êtes l’interprète en français du dalaï-lama. Pourquoi avoir consacré un livre à la méditation ?

La méditation, cela ne veut rien dire en soi : on médite sur quelque chose. Ce n’est pas faire le vide dans son esprit, ce n’est pas se relaxer, c’est cultiver, développer certaines aptitudes, certaines facultés.

Ayant vécu quarante ans dans l’Himalaya où j’ai médité 40 000 heures, je me suis retrouvé, en 2000, projeté dans la recherche en neurosciences. Un peu comme un cobaye, pour inspirer d’autres « méditants » à participer à ces recherches, mais aussi en temps que collaborateur, pour étudier ce qui se passe dans le cerveau.

L’objectif est de comprendre comment un individu qui a la maîtrise de son esprit va diriger cet esprit, entrer ou sortir de l’état de méditation, focaliser son attention, pendant quarante-cinq minutes, sans être distrait. Le cobaye décrit avec une grande précision ce qu’il a fait. Je vais trois ou quatre fois par an dans les laboratoires, j’ai dû recevoir l’équivalent de 200 ou 300 heures d’IRM (imagerie par résonance magnétique).

Richard Davidson, un grand scientifique, avec qui ces travaux ont commencé à Madison, dans l’Etat de Wisconsin (Etats-Unis), a tenu à ce que je sois cosignataire du compte rendu pour bien marquer le fait que les méditants sont des collaborateurs à part entière.

Que montrent ces recherches des bienfaits de la méditation sur la santé ?

Avec l’IRM, l’électroencéphalogramme, la présence de cortisone dans la salive qui mesure le stress, on note les différences entre un état au repos et un état méditatif, entre des sujets entraînés ou non. Ces travaux donnent des résultats significatifs sur le renforcement du système immunitaire, la diminution de l’anxiété, de la colère, de la tendance à la dépression, pour ne citer que cela, et puis sur de nombreux aspects cliniques, comme l’accélération de la guérison du psoriasis ou encore la baisse de la tension artérielle.

Les travaux sur la pleine conscience – être pleinement conscient de ses sensations – ont démontré son efficacité sur la réduction du stress et de la rumination mentale. On commence à parler des neurosciences contemplatives comme d’une nouvelle branche de recherche à part entière. Surtout aux Etats-Unis, mais aussi à Zurich (Suisse) et à Maastricht (Pays-Bas), où sont étudiées, en laboratoire, l’empathie et la compassion.

L’empathie, c’est se mettre en résonance avec les émotions et les sentiments de quelqu’un. Vis-à-vis de la joie : quelqu’un est joyeux, cela déteint un peu sur vous comme une contagion. Ou vis-à-vis de la souffrance. Les aires du cerveau qui sont activées sont les mêmes : vous éprouvez de la souffrance en sachant de manière cognitive que ce n’est pas vous, mais la souffrance est réelle et indistincte de votre propre souffrance.

Ces travaux ont montré que si on ajoute une sorte d’amour inconditionnel, une bienveillance, cela pallie les effets de l’empathie qui engendre la détresse.

Comment définissez-vous la méditation ?

J’ai voulu faire un livre sur les techniques de méditation pour la démystifier, pour dire à quoi elle sert, sur quoi méditer et comment méditer. J’ai décidé d’expliquer pourquoi cela valait la peine de transformer son esprit. On fait plein de choses pour la beauté physique. Et notre esprit, cette espèce de garnement, ce singe qui n’en fait qu’à sa tête, qui n’arrête pas de bouger, on le laisse en friche, dans l’état le plus sauvage.

La méditation, c’est transformer la manière dont fonctionne notre esprit, non pas pour le museler. Les gens confondent la maîtrise de soi et le contrôle de l’esprit. J’aime bien prendre l’image du marin dont la liberté serait de ne pas toucher le gouvernail, de laisser son bateau aller au gré des vents et des courants. Cela ne s’appelle pas naviguer, mais dériver.

La méditation n’est-elle pas une pratique plutôt étrangère à la culture occidentale, donc difficile d’accès ?

Cela n’a aucun sens d’opposer Occidentaux et Orientaux. La méditation, c’est l’entraînement de l’esprit. On dit : « Je suis comme ça, c’est à prendre ou à laisser. » L’idée qu’on ne peut pas se transformer me paraît une attitude extrêmement défaitiste et un peu paresseuse. La méditation, cela n’a rien d’oriental : c’est transformer son esprit, c’est-à-dire la façon dont, du matin au soir, on fait l’expérience du monde.

Ce n’est pas quelque chose de mineur. C’est la qualité de chaque instant de l’existence qui dépend de la façon dont fonctionne notre esprit, de la façon dont on est, ou non, le jouet d’émotions destructrices, de la distraction permanente, des hauts et des bas absolument incontrôlables et excessifs, comme de passer de l’euphorie à la dépression. Cela vaut la peine qu’on mette un peu d’ordre là-dedans. Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires, il ne s’agit pas de léviter, ni d’acquérir la transmission de pensée, mais de vivre de façon optimale.

La méditation, ce n’est pas faire du body-building mental mais atteindre un état optimal de bonne santé. L’optimal, c’est la paix intérieure, la force d’âme, c’est une forme de confiance, d’altruisme, de compassion. C’est une manière d’être, et les manières s’apprennent. On apprend tout dans la vie, pourquoi n’apprendrait-on pas à mieux faire fonctionner son esprit ?

La méditation peut-elle être une pratique strictement laïque ?

La méditation, comme le dit le dalaï-lama, peut faire partie d’une spiritualité laïque. La particularité des bouddhistes a été, depuis 2 500 ans, de faire des investigations sur la façon dont fonctionne l’esprit. Par esprit, j’entends le flot de la conscience. Ils ont une compréhension très subtile des mécanismes mentaux, et cela n’a rien de religieux.

Lors d’une rencontre à Boston (Massachusetts), entre le dalaï-lama, des méditants et les scientifiques d’Harvard, Steven Kosslyn, en charge de la chaire de psychologie, a commencé son intervention par une déclaration d’humilité devant la masse de données – empiriques – qu’apportent, dans le domaine de la psychologie, les contemplatifs.

Comment, en France, trouver un instructeur ?

Il y a un problème de compétences, peu de guides qualifiés, et le lobby des psychanalystes qui bloquent le milieu académique. Comme il n’y a pas de thérapie cognitive enseignée dans les universités, les gens se rattrapent sur des coaches qui n’ont pas de formation, c’est la foire d’empoigne. David Servan-Schreiber, Boris Cyrulnik apportent une vision un peu différente des choses. Les mouvements liés aux thérapies cognitives et les techniques de Jon Kabat-Zinn sont développés avec succès, dans plus de 200 hôpitaux américains, pour diminuer les douleurs postopératoires et celles associées au cancer et autres maladies graves.

En France, certains centres hospitaliers commencent à utiliser ces méthodes : à Lyon, Patrick Lemoine et Frédéric Rosenfeld, et, à Paris, Christophe André, à Sainte-Anne, qui travaille sur les phobies. Mais, cela reste très mal vu et on est nettement en retard par rapport à l’Angleterre et l’Amérique.

Pourquoi se priver de remèdes simples et efficaces ? L’entraînement de l’esprit c’est avoir à faire avec ce dont nous sommes tous dotés, du début à la fin de notre vie, et dont on s’occupe si mal.

« L’Art de la méditation », de Matthieu Ricard, NiL éditions, 149 pages

http://www.amazon.fr/LArt-Méditation-Matthieu-Ricard/dp/2841113957 

A lire en complément d’article :

 http://zanskar2007.wordpress.com/2008/10/25/lart-de-la-meditation-matthieu-ricard/